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La politique entendue comme un jeu animal ne doit pas se donner droit de veto de diriger les hommes. Qu’est-ce qu’une méthode animale pourrait-elle créer ou ajouter d’humain à des personnes à visée morale ? Le danger de « similis similes » n’est-il pas plus grand que celui de « similis contrarii »[9].
Le droit international pour une ère éthico-juridique doit être tout à fait différent de ce que nous avons toujours eu jusqu’alors. Son domaine devra être celui tracé par Patricia Buirette-Maurau :
« Le droit international(…) aura un domaine élargi : des Etats plus nombreux et divers. Il aura également un « contenu » différent : tout d’abord, « ’un droit de compétence et de procédure », on passera « à un droit établissant des réglementations de fond » ; de plus, ce sera un « droit soucieux des réalités concrètes » et beaucoup moins « abstraite ». Il s’agit de passer d’un droit marqué par l’abstraction et le formalisme à un « droit vivant » sensible à la réalité économique et géographique. Enfin le droit international prendra un sens nouveau : il devra avoir une « vision globale » non seulement et la totalité des Etats qu’il régit, mais aussi de l’ensemble des pays du monde. Cela permettrait « une démocratisation » de ce droit qui pourrait tendre à l’universel. Autre qualité que ce nouveau droit adoptera : « une humanité qui s’inscrira dans le temps. Car c’est le droit d’une société en mutation et non celui d’une société stable. Il épousera donc tous les changement et programmera l’avenir. En définitive, il s’efforcera de prendre en compte toutes les préoccupations sociales et économiques, et d’aider aussi à l’avènement d’un système facteur de progrès [10]».
CONCLUSION : IDIOTE CHIMERE ?
L'ordre juridique international actuel est le produit des atrocités de la deuxième guerre mondiale. Ce sont les vainqueurs d’hier qui ont mis sur pied l’organisation et l’ordre actuel. La deuxième guerre mondiale a débouché sur la Société des Nations qui plus tard deviendra l’O.N.U. Les Etats africains n’entreront dans l’O.N.U que douze ans plus tard en sortant d’une affreuse colonisation. Les indépendances ont consacré le principe de souveraineté et d’égalité des Etats. Cependant tous les Etats ont-ils les moyens politiques, économiques et culturels de leur nouveau droit ? Quand bien même ils les auraient, ont-ils été permis d’user de ce nouveau droit scriptural ? Les occidentaux qui ont accepté de voir les colonisés leurs ‘échapper ‘ l’ont-ils fait sans regret et surtout sans rancœur, c’est-à-dire en toute rigueur dans le respect fondamental de la dignité des colonisés et de la dignité telle que nous l’avons définie ? Dans quelle mesure et dans quelles conditions de vainqueur peut-il accepter de traiter d’égal à égal avec sa victime d’hier quand il sait qu’il peut encore lui nuire et prendre le dessus ?
Le terrorisme est un mal. Qu’il s’agisse de terrorisme d’attaque ou de défense.Le terrorisme est un cri de cœur dangereux pour la marche pacifique des Etats. Autant le sont l’injustice et la pauvreté. La communauté internationale s doit de s’attaquer aux racines du mal ; c’est-à-dire mettre sur pied une politique de développement économique équilibré entre les Etats, une politique de droit moral promouvant liberté, dignité et justice. Pour conclure, nous ne prendrons que le point de vue de Paul Valadier :
« Le terrorisme ne se développe vraisemblablement qu’en exploitant les lacunes de nos Etats de droit, les poches d’injustice, d’oppression ou de mépris des minorités qu’ils ignorent plus ou moins délibérément. Une tâche discriminante s’impose donc : de quoi le terrorisme est-il révélateur ? Cette tâche exige, non point que l’on brandisse la violence, mais que l’on invente les solutions adaptées à des conflits latents qui pourrissent dans l’ombre ou l’oubli. C’est seulement quand cette discrimination est opérée qu’une hiérarchisation peut apparaître, dévoilant la différence entre des attentats symboliques qui signent la faiblesse de nos démocraties, et ceux qui relèvent d’idéologues égarés(…) Dans un cas, la menace terroriste ne sera évitée que par des mesures sociales ou politiques portant remède à des situations génératrices de désordre ; dans un autre cas, il ne servirait vraisemblablement à rien de mobiliser ou de mettre en place un appareil répressif disproportionné par rapport aux « causes »[11].
BIBLIOGRAPHIE.
WEIL ERIC, Philosophie morale, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1969, 222p.
GAMBLIN André (dir.), Images économiques du monde 1996-1997. Paris, Sedes, 416p.
Justifications de l’éthique. Actes du XIX è Congrès de l’Association des Sociétés de philosophie de la langue française. Editions de l’université de Bruxelles, 1984, 483p.
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Yambwa, Nziya Jean-Pierre
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